
Au niveau de la fertilisation, l’option prise est de valoriser au maximum les effluents d’élevage et de limiter les apports d’engrais de fond.
Toutes les prairies reçoivent uniquement 10 t/ha de fumier composté deux années sur trois. Le reste des effluents est épandu avant les céréales d’hiver. Sur les cultures en 2009, il y a eu une impasse totale de potasse et partielle de phosphore (-60 %). L’objectif à terme est de rééquilibrer les surfaces d’épandage en faveur des cultures pour limiter les apports d’engrais.
La mise à l’herbe des 95 vaches a lieu le plus tôt possible, ensuite, la surface est ramenée à 32 ares/VL fin avril puis à 62 ares/VL en été avec du foin toujours à disposition.. En hiver, la ration est composée de foin et de regain.
Au total, les vaches reçoivent 1500kg de concentré par an dont 25% sous forme de concentrés azotés
A compter de la rentrée 2009, la complémentation azotée est remplacée par des matières premières : tourteau de colza et drèches de blé.
Pour les exploitants, la réduction des coûts de production passe aussi par une modification des pratiques d’achat des intrants : ils cherchent à acheter moins cher en jouant sur les quantités et se tiennent informés pour saisir les opportunités qui se présentent.
Dans le cas de l’approvisionnement en ammonitrate, ils ont ainsi profité de la baisse des coûts de l’énergie début 2009 pour se couvrir pour les 2 campagnes suivantes : 205 €/t livré-payé en 2010.
Les exploitants ont opéré sur le même principe pour les achats de concentré. L’exploitation s’est approvisionnée en tourteau de colza pour deux ans avec un contrat de prix réalisé au printemps 2009 pour une livraison payée à l’automne 2010 (141 €/t). Pour les veaux, le contrat pour les pulpes de betterave (123 €/t) et la luzerne déshydratée (153 €/t) a été effectué pour l’hiver 2010-2011, livré-payé à l’automne 2010.
En ce qui concerne les drèches de blé (166 €/t), pour l’hiver 2009-10 les exploitants se sont regroupés avec une autre exploitation du même type pour bénéficier d’un prix avantageux lié au volume (livraison en 25 t). Vu le prix contractualisé du tourteau de colza, l’opération ne sera pas renouvelée pour l’hiver 2010-2011.
Ce mode de gestion ne s’improvise pas et demande une très bonne gestion de trésorerie pour payer les commandes contractualisées en avance par rapport aux besoins de l’exploitation.
Par ailleurs, il faut également que l’exploitation se dote de capacités de stockage suffisantes pour accueillir les livraisons.
Maintenir la pression sur la qualité du lait et donc sur le prix du lait est une exigence forte des éleveurs. Le fait de nourrir les veaux au lait entier permet de réaliser un tri des laits à cellules et donc de rester en dessous des seuils de pénalité en cas de problème.
La gestion du quota commence dès le printemps. L’enjeu est de produire un maximum de lait sur cette période où le coût de production est faible et d’anticiper sur des éventuelles rallonges de quota souvent annoncées tardivement. Pour 2009, c’était aussi une façon d’anticiper la baisse du prix du lait qui était annoncée à l’automne.
Une prévision laitière est réalisée en fin d’été pour prévoir les besoins de réformes et les ventes de génisses pleines. Pour les éleveurs, élever toutes ses génisses est un atout pour sécuriser et maximiser la productivité de l’atelier. Et ceci d’autant plus que l’exploitation est à dominante herbagère et le troupeau en race mixte. C’est ainsi que 7 vaches et génisses pleines ont pu être vendues sur 2009.
Cette conduite nécessite d’avoir suffisamment de stocks en fourrages et cheptel pour pouvoir être réactif d’une saison à l’autre.
La baisse du coût de production passe par la réduction des charges mais aussi par l’optimisation de la capacité de production. Depuis ces dernières années, le quota évolue grâce aux redistributions de référence, sauf en 2009 où les éleveurs ont opté pour l’achat de référence dans le cadre des TSST. Pour produire ce lait supplémentaire sans investir, les éleveurs ont fait le choix d’étaler les vêlages pour produire plus à l’herbe et démarrer plus tôt la gestion des volumes à livrer. Sur 2009, cette stratégie a permis le maintien du revenu de l’exploitation malgré la baisse du prix du lait.
Ces diverses allocations de quota, en plus de l’attribution réservée aux JA, vont faciliter l’installation d’Anthony qui projette de s’installer sans agrandissement de surface.
Pour préserver une sécurité économique satisfaisante les exploitants ont introduit de la flexibilité dans la façon de produire et se sont dotés de leviers d’action internes : plus de génisses élevées, du lait entier aux veaux, une productivité des vaches en dessous du potentiel, plus de lait au pâturage, achats de matières premières … Ce dernier point supposant une trésorerie solide elle même résultant d’une bonne maîtrise globale de la conduite de l’exploitation.
La gestion économique de l’exploitation a autant d’importance que la maîtrise technique et ces 2 éléments doivent être cohérents. Ce que confirme le propos de Philippe « celui qui ne cherche que les performances techniques ne peut pas s’inscrire dans une telle démarche… »
années civiles | 2009 | 2008 | 2007 |
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lait livré | 618 400 l | 570 200 l | 528 900 l |
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Produit Brut | 468 500 € | 472 800 € | 382 900 € |
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dont lait | 210 400 € | 221 600 € | 175 300 € |
prix/1000l | 340 € | 389 € | 331 € |
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Ch. Opérationnelles | 109 300 € | 113 400 € | 90 600 € |
% du PB | 23% | 24% | 24% |
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dont concentrés | 46 200 € | 61 200 € | 36 000 € |
dont fertilisants | 15 700 € | 10 500 € | 12 600 € |
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Ch. Structures | 130 200 € | 135 700 € | 115 800 € |
hors amort&ffi |
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Excédent Brut Exploit. | 229 000 € | 223 800 € | 176 600 € |
% du PB | 49% | 48% | 46% |
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Disponible | 177 000 € | 168 000 € | 146 000 € |
L’équipe des réseaux d’élevage lait
Pour la Chambre d’Agriculture de Haute Marne
Daniel COUEFFE