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Le séparateur de phase

Dossiers techniques bâtiments :

Stabilisation des sols  

Séparateur de phase

Eléments préfabriqués pour la construction du bloc traite

Construction du bâtiment de Marc GOUGET à THILLEUX

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Le séparateur fonctionne avec une vis : le lisier est envoyé dans cette vis sous pression. Le serrage (ici un système à contre poids) détermine le taux de matière de la fraction sèche

pour gérer du lisier en élevage laitier, une question de gestion du plan d’épandage avant tout

L'étude complète en format pdf

Etude réalisée par Stéphane LE ROUSIC et Didier PETIT du Service Système Equipement à partir d’observations réalisées sur des exploitations Haut-Marnaise.

La problématique :

Beaucoup d’éleveurs laitiers s’orientent vers le lisier car cette technique est moins gourmande en main d’œuvre et engendre des coûts de fonctionnement réputés moins importants que la logette paillée.

Si cette affirmation est souvent démontrée (elle l’est également sur le bilan énergétique et gaz à effet de serre), cette technique pose des problèmes de capacité de stockage pour les déjections et de gestion du plan d’épandage.

La technique du séparateur de phase peut donc représenter une alternative intéressante pour limiter, dans une certaine mesure, le volume supplémentaire des ouvrages de stockage à construire, et simplifier la gestion du plan d’épandage pour un éleveur qui souhaite adapter son élevage au lisier.

Elle peut intéresser les éleveurs qui sont contraints de réaliser des déplacements importants lorsqu’ils ne disposent pas de parcelles aptes à recevoir du lisier suffisamment proche de l’emplacement d’élevage.

Dans tous les cas, c’est une technique coûteuse en investissement et en fonctionnement qui ne trouvera sa justification uniquement dans les situations ou le plan d’épandage pose un problème.

Qu’est qu’un séparateur de phase mécanique

La séparation de phase est une technologie dérivée de l’industrie qui permet de dissocier les fractions solide et liquide d’un effluent (dans notre cas le lisier) et ainsi de diminuer le volume de la fraction liquide a stocker et à traiter (dans notre cas l’épandage).

L’appareil fonctionne à partir d’une vis sans fin qui presse le lisier contre un tamis. Selon le réglage du dispositif et la pression exercée sur la vis, on obtient en proportions variables deux produits :

-une fraction sèche constituée des parties solides du lisier, riche en matière organique et cellulosique mais relativement pauvre en éléments fertilisants (en 15 et 20 % du produit initial). Elle peut représenter de 20 à 30 % du volume de lisier initial selon l’efficacité et le réglage de l’appareil. (attention, la fraction sèche séparée représente en sortie de séparateur, un volume important car elle est foisonnée. Pour estimer le taux de séparation, il faudrait raisonner en poids)

-une fraction liquide dont la siccité (taux de matière sèche) peut baisser jusqu’ à 6-7 % par rapport à un lisier classique non dilué qui dispose d’un taux de matière sèche en général compris entre 10 et 12 %.

Plus la contrainte (pression de serrage) exercée sur le lisier est forte, plus la teneur en matière sèche du produit séparé (fraction sèche) est élevée. Celle-ci est donc moins importante en quantité et proportionnellement moins riche en azote.

Moins la contrainte est forte sur le serrage, plus le produit de la fraction sèche sera humide et plus le taux de séparation sera élevé. La proportion de la fraction sèche sera plus importante par rapport à la fraction liquide et elle disposera d’une teneur plus faible en matière sèche et en général un peu plus élevée en azote.

La question est donc de cerner l’intérêt de cette technique qui peut représenter un investissement de plus de 30 000 € et qui engendre des frais de maintenance et de fonctionnement importants :

Pourquoi le lisier revient à la mode ?

Revenons un instant en arrière : depuis 15 ans dans nos régions, l’obligation de la mise en conformité » a conduit de nombreux élevages laitiers à adopter la logette paillée. Aujourd’hui cette technique montre ses limites lorsque la taille de l’élevage augmente et que le potentiel de production des animaux s’accroît. A cela s’ajoute les contraintes de travail et le coût d’approvisionnement en paille qui incite beaucoup d’éleveurs à se tourner vers le lisier.

Le lisier n’est jamais un inconvénient lorsque les contraintes d’épandage sont bien appréhendées.

La plupart du temps, le passage du système paillé en lisier impose de créer de nouvelles capacités de stockage du fait de deux phénomènes qui se conjuguent :

-la totalité des déjections doivent être stockées dans la fosse

-les restrictions à l’épandage du lisier imposent souvent d’augmenter la durée de stockage de 4 mois à 6 mois.

Le séparateur de phase peut être une solution alternative

Souvent rebutés par ces contraintes, les éleveurs recherchent des solutions alternatives. Dans nos régions, le séparateur de phase peut en être une ;

- lorsqu’il permet de produire une fraction sèche qui sera stockée sur une fumière existante sans créer d’autres ouvrages,

- si la capacité des fosses de stockage existante permet (sans nouvelle création de capacité de fosse) de stocker la fraction liquide issue du séparateur. Cette situation se rencontre chez des éleveurs qui ont déjà une production de lisier (sur le couloir d’alimentation) et qui veulent supprimer intégralement la paille dans les logettes ou l’aire paillée.

Cette technique parait donc séduisante car elle peut se greffer sur les installations existantes sans engager d’importants travaux de génie civil.

Elle permet de ne pas perturber en profondeur la gestion du plan d’épandage dans la mesure où la fraction solide lorsqu’elle est suffisamment sèche est assimilée à un fumier ; donc plus souple en terme d’épandage que le lisier. On peut envisager de la composter avant épandage pour garantir sa conservation dans le temps (produit assaini sans odeur et facile à stocker dans un hangar couvert)

En poussant le raisonnement plus loin, on peut envisager de faciliter la gestion d’un plan d’épandage en exportant la fraction sèche du lisier sur des parcelles éloignées du site de production (pratique qui serait difficile à mettre en œuvre avec du lisier)

Impact économique

Nouvelles installations

La comparaison économique démontre que le lisier raclé a un coût de revient inférieur aux logettes paillées. Cette conclusion n’est pas nouvelle notamment depuis que la main d’œuvre devient limitante en élevage et que les coûts de mécanisation progressent d’année en année.

Le coût des solutions lisier dépend néanmoins des techniques adoptées. En règle générale, le raclage automatisé s’avère plus économique que le raclage au tracteur. Les caillebotis sont plus coûteux au départ pendant la durée de leur amortissement, mais c’est la solution la plus intéressante sur une longue période.

La solution « séparateur de phase » est comparable à la logette paillée. On note un écart qui peut aller jusqu’à 10 € par 1000 l de lait entre les différences solutions. Globalement, le coût de gestion des effluents représente prés de 20 % du prix de revient du lait.

S’il n’y a pas de contraintes majeures en matière d’épandage, la solution d’un séparateur de phase ne semble pas pertinente dans une construction neuve sauf si l’on souhaite utiliser la fraction sèche pour pailler les logettes.

Transformation d'un bâtiment logettes paillées

L’économie de volume de fosse n’est pas suffisante pour justifier la présence d’un séparateur de phase, la création d’une capacité de stockage de lisier complémentaire lorsqu’elle est possible sera toujours moins onéreuse

Nous avons évoqué les distances d’épandage du lisier qui peuvent poser problèmes. 0n peut considérer que l’opportunité d’opter pour un séparateur sera intéressante si un éleveur doit épandre du lisier à des distances supérieures à 10 km. Dans ce cas pour 1000 m3 séparé, le surcoût d’épandage peut avoisiner 3000 € par an pour transporter du lisier à plus de 10 km du site de l’exploitation.

En conclusion

Le choix du lisier avec un séparateur de phase revient à peu près au même prix que la logette paillée. Si le choix du lisier est dicté par des impératifs économiques mieux vaut oublier la solution du séparateur de phase.

Si par contre, cette option n'est pas à négliger dans les cas suivants

- pas de surfaces d’épandage en quantité suffisante et proches de l’exploitation,

- l’assolement  contraint à accroître de manière considérable le volume de stockage de lisier à disposer sur l’exploitation.

- le coût supplémentaire de la fosse à construire est très élevé et (ou) pose des problèmes particuliers (voisinage, architecture, problème génie civil,...)

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