Etat des lieux de l'élevage en Haute-Marne
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Eléments rassemblés par :
- Etienne Vaissière : statistiques scees, ONIC, DDAF, Ministère,
- Didier Petit, suivi des investissements dans les élevages,
- Gérard Lelaurain, Daniel Coueffe, Gilles Saget, Amélie Dallemagne : valorisation des appuis techniques aux éleveurs et observatoire des fermes de références,
- Christian Boussel : fichier de l'identification permanente et généralisée (bovin, ovin, caprins, porçins)
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Haute Marne : département d'élevage
Au 10/06/05, 1596 élevages de bovin ont leur siège en Haute Marne ainsi que 347 troupes de plus 10 brebis.
Aujourd'hui 3 exploitations sur 4 ont une activité d'élevage.
Si on considère les seules exploitations « professionnelles » ce chiffre s'accroît : en 2000 81% des exploitations de Haute- Marne ont un élevage () : l'élevage est l'activité dominante des exploitations professionnelles.
Ces exploitations fournissent l'essentiel des emplois agricoles du département.

Tableau 1 : Ventilation des exploitations professionnelles de Haute Marne selon la typologie Perrot, Institut de l'élevage - Chambres d'agriculture Grand Est du RGA 2000
Types d’exploitationNombre%Nb UTA%
Cultures41619%63515%
Lait111552%264262%
Viande62629%97623%
Total2157100%4253100%
La surface valorisée par l'élevage occupe 44% de la SAU en 2000 (source Scees).
Notons la présence de production porcine (62 élevages), caprine (48 élevages), équine (33 élevages), avicole (33 élevages installation classée), … .

Tableau 2 : Ventilation des exploitations de la Haute Marne par orientations technico-économiques
Source : SCEES
Année recensement de l’agriculture1 988
nombre
1 988
%
2 000
nombre
2 000
%
Céréales et oléo-protéagineux4418%80525%
Cultures générales4899%191%
Maraîchage200%110%
Fleurs et horticulture diverse200%191%
Viticulture d'appellation90%120%
Autre viticulture10%70%
Fruits et autres cultures permanentes561%481%
Polyculture1232%522%
Céréales et autres Prod. Végétales1 15921%97330%
Bovins lait89416%2939%
Bovins viande2254%1765%
Bovins lait-viande3046%1645%
Ovins, caprins et autres herbivores78914%46314%
Granivores351%261%
Polyélevage à orientation herbivores3476%1404%
Polyélevage à orientation granivores681%381%
Elevage2 66249%1 30040%
Grandes cultures et herbivores108620%69221%
Autres combinaisons cultures-élevage53810%2538%
Cultures - Elevage1 62430%94529%
Total5 445100%3 219100%
Cette orientation « productions animales » ne cesse de s'amenuiser ces dernières années :
Ces évolutions traduisent la restructuration profonde de l'agriculture haut marnaise.

Le prolongement des tendances actuelles donnerait en 2012 :
- 650 élevages laitiers, (950 en 2005)
- 400 élevages bovins viande, (530 en 2005)
- 470 exploitations grandes cultures (430 en 2005).
La Haute Marne perdrait près de 30% de ses exploitations.

Les caractéristiques de la Haute Marne
La différenciation spatiale est marquée selon les terroirs :
En Apance Amance 80 % de l'espace agricole est valorisé par l'élevage.
A l'opposé dans le Barrois moins de 30 % de l'espace agricole est valorisé par l'élevage : les grandes cultures dominent.
Entre les deux le Bassigny et la Vingeanne se situent à 70%, la Champagne humide à 60%.
Derrière cette différenciation les aptitudes agronomiques des sols ressortent en terme de praticabilité, de potentiel de rendement, … .
Une constante : l'herbe a une place dominante dans l'alimentation des animaux. L'élevage haut marnais est extensif avec 150 000 UGB pour 126 000 ha de surface fourragère le chargement moyen est de 1.2 UGB par ha. Les structures à plus de 2UGB / ha sont l'exception.

Le développement de l'agriculture sociétaire se poursuit :
Entre 2001 et 2005 17 % des élevages ont disparu. Par contre le nombre des structures sociétaires (GAEC, EARL, SCEA) s'est accru de 7%. 49 % des élevages sont portés par des GAEC ou des EARL en 2005 contre 43% en 2001.
Ces structures ont permis d'accompagner la restructuration de l'élevage et font preuve d'une grande pérennité. Mais une grande part d'entre elles va renter dans une phase où les associés les plus âgés aspirent à cesser leur activité.

Une forte implication des éleveurs dans la mise en conformité de leurs installations :
Bilan de 12 ans de PMPOA et perspectives dans les 5 années à venir

Tableau 3 : nombre d'élevages concernés par le PMPOA

LAITViandeTotal
Nombre d’élevages ayant déposés un programme de mise en conformité PMPOA 126040300
Nombre d’élevages ayant déposés un programme de mise en conformité PMPOA 2300125425
Elevage en cours d’étude de mise en conformité170130300
Elevages n’ayant rien demandé et (ou) en conformité ou ayant l’intention d’arrêter leur activité170305475
Dont Nombre d’élevages conformes parmi ceux n’ayant rien demandé (estimation)30200230
Total9006001500
Le PMPOA 1 c'est :
70 Nouveaux bâtiments laitiers
50 Dossiers d'enquêtes publiques

Le PMPOA 2 c'est :
Plus de 80 extensions notables d'activités dont 60 création de nouvelles unités laitières complètes.

Caractérisations du quota laitier et du nombre d'UGB des élevages ayant effectué la  mise en conformité :
Tableau 4 Les investissements réalisés pour la mise en conformité
Tableau 5 : l'agriculture départementale à reçu 30 166 207 € (estimation) d'aides publiques à la modernisation et à la mise en conformité des bâtiments d'élevages

PMPOA1PMPOA2Arcabe hors plan bâtimentTotal
Nombre d’exploitation300425700725
Montant investi44 336 470 €37 000 000 €41 000 000 €122 000 000 €, 84 000 000 € pour le lait
Par exploitation147 788 €87 058 €58 571 €165 986 €
Par élevage ayant des travaux de mise en conformité156 028 €117 000 €

Aides accordées
PMPOA état agence de l’eau
9 295 747 €(estimation)
6 736 000 €

16 031 747 €
dont conseil général482 230 €199 500 €2 681 000 €3 362 730 €
dont conseil régional482 230 €289 500 €10 000 000 €
(estimation)
10 771 730 €
Par exploitation36 383 €17 000 € (estimation)18 166 €43 020 €
Coût exploitant34 076 263 €29 775 000 €28 319 000 €93 633 793 €

Quota départementalUGB départementaux Lait viande
% détenu par des élevages ayant déposé un programme de travaux dans le cadre du PMPOA68%
330000 l de quota par exploitation
61%
126 UGB par exploitation
"% détenu par des élevages en cours d’étude de mise en conformité20%
300000 l de quota par exploitation pour 170 élevages
20%
95 UGB Par exploitation
% détenu par des élevages qui n’intègreront pas le PMPOA11%
180 000 l de quota par exploitation pour 170 élevages
19 % soit 62 UGB par élevage
475 élevages
Total Quota272 000 000 L150 000 UGB
Le coût des investissements réalisés représente 1017 € par UGB (aides déduites) soit une dépense de 1326 €  par UGB. L'amortissement représente  de 85 euros par UGB par an

Pour les éleveurs laitiers, le coût investit pour la mise en conformité et la modernisation est de  45 centimes d'Euros par litre de quota départemental depuis 12 ans soit 4 centimes d'euros par litre et par an (hors frais financiers et hors PMBE)
Les aides publiques pour la mise en conformité et la modernisation représentent 10 centimes d'euros par litre de lait depuis 12 ans.

Filière lait de vache
Une production clé pour l'économie agricole et plus généralement l'économie départementale : 50% des produits de l'élevage.
Une valorisation dans des filières de transformation fromagères de proximité.

Tableau 6 : Les laiteries collectant en Haute Marne


ProducteursLITRAGE
Millions de litres

COOP AGEVILLE52430 AGEVILLE4611.5EMMENTAL GD CRU (label rouge)
COOP FAY/BILLOT Fromagerie de l’Ermitage52500 FAY/BILLOT278.0AOC LANGRES (5 producteurs.)
ELNOR52200 PEIGNEY21056.0EMMENTAL via ENTREMONT
ENTREMONT, dont St Urbain52200 PEIGNEY14537.0EMMENTAL
SENOBLE21150 LES LAUMES328.5PÄTES CUITES
LACTALIS, dont Marcillat88430 CORCIEUX16045.075 PROD. DU NORD 52 EN BRIE DE MEAUX (AOC)
BONGRAIN52150 ILLOUD16048.0CAPRICE
GERMAIN, Fromagerie Triballat52160 CHALANCEY358.5AOC LANGRES ET EPOISSE
MARCOUX52360 ANDILLY153.5EMMENTAL
SCHERTENLEB52140 SAULXURES82.5AOC LANGRES
FROMAGERIE DE NEUFCHATEAU, fromagerie Triballat88301 NEUFCHATEAU71.5PRODUITS FRAIS
FROMAGERIE DE L’ERMITAGE88140 BULGNEVILLE71.5PRODUITS FRAIS
TOTAL
955259
Source FDPL 13/03/06

Cet inventaire montre l'importance de l'outil de transformation de la Haute Marne. Ces entreprises non pas comme seule zone de collecte le département et sont souvent à cheval sur deux ou trois régions. La territorialisation des orientations de production n'est pas facilité. Cependant elles constituent un avantage comparatif intéressant à l'heure où le transport devient un coût essentiel de la collecte.

Filière viande bovine
La Haute Marne nourrit 134 000 bovins issus de troupeaux laitiers et 83 000 bovins issus de troupeaux allaitant.
Les acteurs de l'aval sont :
- le groupement de producteur Alotis,
-l'association des éleveurs de Haute Marne-Aube qui réunit les négoces
- Des négoces indépendants
Les circuits courts existent même si aujourd'hui ils sont mineurs. L'abattoir départemental de Chaumont peut devenir l'outil de développement de cette valorisation.

La production de viande du troupeau laitier :
30% des vaches laitières (soit 15 000) sont réformées chaque année. Elles sont engraissées et finies sur place. Seule la race Montbéliarde a une démarche de démarcation qualité (CCP : Carrefour Montbéliarde).
23 % des mâles sont vendus en veaux de 8 jours. Ils ne sont pas engraissés par des éleveurs du département.
77 % des veaux mâles laitiers restant sont engraissés (17 000)
10 000 sont transformés en taurillons, de 15 à 22 mois, nourris au maïs ou au céréales.
7 000 sont transformés en bœufs de 30 à 36 mois, nourris à l'herbe. Ils valorisent les espaces libérées par les vaches.
La production de viande du troupeau allaitant :
La Haute Marne élève 32 000 vaches allaitantes. Chaque année 25% de cet effectif est réformé (7 500 têtes). Les prix de vente actuel sont bons. Seule 2 à 3% de la production part en label Charolais.
Les génisses non gardées pour le renouvellement sont soit vendues en maigre (4 000 broutardes) soit vendues en génisses de boucherie (5 000). C'est ce type d'animaux qui est bien valorisé par les boucheries locales en été (370 kg de carcasse).
  • Figure 14 : Pourcentage d'exploitation ayant troupeau allaitant
Pour les mâles : 6000 taurillons allaitants sont produits chaque année.
2000 bœufs allaitants de 30 mois sont produits.
8000 têtes sont vendues en broutard.

Effectifs EDE au 01/01/2004
  Filière ovin viande
  • Figure 15 : pourcentage d'exploitant disposant d'une troupe ovine
Généralités sur la production
En 2005, 65 % des troupes du département (soit 76 % des brebis) sont localisées en zone défavorisée (Grand Bassigny et Montagne).
En ce qui concerne la taille des troupes des élevages de plus de 80 brebis :
- 35 % des élevages (115) ont plus de 100 brebis
- ces élevages représentent 38 553 brebis
La taille moyenne de troupe de 335 brebis varie légèrement suivant les régions. .
Les élevages se professionnalisent

Une majorité d'élevages spécialisés
Parmi les exploitations accueillant un atelier ovins viande (extrait synthèse campagne 2004) :
-  environ 35% des ateliers ovins sont associés aux cultures
-  35 % sont de type spécialisées ovins
-  dans 18 % des exploitations les bovins viande sont associés aux ovins,
-  12 % des exploitations ont les ateliers vaches laitières et ovins viande
 
Les 3 systèmes de conduite
- agneaux de bergerie
- agneaux d'herbe
- agneaux mixtes (agneaux d'herbe et agneaux de bergerie)

Les modes de commercialisation
- groupement COBEVIM
  - négociants privés
- association (APAL) et boucher

  • Référence départementale en droits définitifs : 51 563 droits source : DDAF 52