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La fièvre catarrhale

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Fiche technique d'information du Groupement de Défense Sanitaire
Les culicoïdes, insectes piqueurs responsables de la propagation
Bilan 2009
Mesures liées au sérotype 1
Textes réglementaires

La maladie
La fièvre catarrhale ou maladie de la Langue bleue (Blue tongue), est classée parmi les maladies réputées contagieuses, elle ne se transmet pas d'un animal à l'autre par simple contact mais elle est transmissible par le sang, le sperme et les ovules.
La fièvre catarrhale est une maladie virale transmise par un insecte piqueur : un moucheron de la famille des culicoïdes. Elle n'est pas transmissible à l'homme.
Jusqu'à une date récente elle sévissait dans les zones chaudes du globe, elle a franchi la méditerranée il y a quelques années (Italie, Grèce et Espagne sont touchées) et depuis 2000 elle est présente en France sur le seul territoire de la Corse.
Les conséquences économiques et commerciales de la maladie peuvent être extrêmement importantes.
Une directive européenne (directive 2000/ 75/CE)définit les modalités de lutte contre la maladie : Cette lutte repose notamment sur la définition de périmètres dans lesquels les mouvements d'animaux vivants, de semences, d'ovules ou d'embryons de ruminants sont interdits ou limités, sur la mise en œuvre d'une vaccination éventuelle, sur la désinsectisation des animaux et des locaux. Ces mesures peuvent aller jusqu'à l'abattage et la destruction des animaux atteints et à l'abattage, à destination éventuelle de la chaîne alimentaire, des autres ruminants présents sur l'exploitation affectée.

Les symptômes
Sur les bovins, la maladie se traduit par
- Un gonflement (œdème ou congestion) et/ou des lésions au niveau de la tête ;
- Des écoulements du nez et de la bouche ;
- Une ulcération de la mamelle ;
- Des trayons enflés et rouges ;
- Des boiteries ;
Sur les ovins, à ces symptômes s'ajoutent :
- Une forte fièvre (40° et +) ;
- L'œdème au niveau de la tête peut s'étendre au nez, à la mâchoire inférieure et à la langue qui se cyanose (d'où le nom de maladie de la langue bleue) ;
- Des atteintes musculaires qui se traduisent par des raideurs et torticolis ;
- Des avortements ;
- Un amaigrissement important qui peut conduire à la mort en 8-10 jours.

L'épidémie actuelle
Les premiers cas sont apparus aux Pays Bas et en Belgique vers la mi-août 2006 puis très rapidement en Allemagne (zone géographique proche). Leur multiplication a été très rapide passant de quelques unités les premiers jours à plus de 150 élevages atteints.
Les premiers cas français dans le Nord,  les Ardennes et la Meuse sont apparus plus tardivement à la faveur du renforcement des mesures de contrôle et de surveillance dans les départements proches des frontières belge et allemande.

L'épisode actuel de la maladie surprend les autorités sanitaires à deux titres :
- les cas sont apparus très au nord des limites qu'on lui connaissait jusqu'à présent,
- cette maladie était connue comme affectant essentiellement les ovins et les petits ruminants, les bovins étant porteurs sains ; or, dans le cas présent c'est l'inverse qui se produit : les ovins semblent peu affectés tandis que les bovins présentent des symptômes importants.

Le lien avec la canicule qui a sévi en Europe en juillet 2006 a été immédiatement établi, mais rien n'est certain à ce stade, cependant si ce lien était avéré il serait de nature à inquiéter d'autant plus les autorités sanitaires que le réchauffement climatique fait craindre la multiplication de tels épisodes.
  Les analyses effectuées à ce stade montrent que le culicoïdes en cause n'est pas celui connu sur le pourtour méditerranéen (culicoïdes imicola), Il s'appelle \ldblquote Culicoïdes dewulfi\rdblquote . Ce moustique est adapté au climat européen. L'Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) déclare que \ldblquote la maladie pourrait rester dans la région avec le risque de nouveaux cas au printemps... . De la même façon le virus développé serait de sérotype 8 donc différent de celui qui sévit dans le sud de l'Europe.

Déclaration
La fièvre catarrhale fait partie de la liste des maladies pour lesquelles il y a une obligation de déclaration  (tout comme l'ESB, la brucellose, la tuberculose....).  La déclaration d'un élevage contaminé par la fièvre catarrhale doit se faire auprès de la DSV.

Les conséquences
Conformément à la législation européenne, les zones de limitations de mouvements ont été mises en place autour des foyers détectés :
- Zone d'interdiction de 20 km dans laquelle tous les mouvements d'entrée ou de sortie de cette zone des animaux vivants des espèces sensibles, de leurs semences, ovules ou embryons collectés depuis le 1er mai sont interdits.
- Zone de protection de 100 km dans laquelle seuls les mouvements de sortie hors de cette zone sont interdits.
- Zone de surveillance de 150 km dans laquelle les mouvements de sortie hors de la zone sont interdits mais peuvent faire l'objet de certaines dérogations.
Certains assouplissements ont d'ores et déjà été adoptés par la Commission européenne, ainsi les mouvements à destination des abattoirs sont autorisés sous conditions, notamment de désinsectisation des animaux et des camions de transport, ce qui permet de moins pénaliser les éleveurs (contrairement à ce qui s'était passé avec la grippe aviaire).
A ce jour aucun des 4 pays concernés n'a mis en œuvre de procédure d'abattage, par ailleurs la vaccination n'est pas possible puisqu'il n'existe pas de vaccin contre le sérotype 8.
Néanmoins les conséquences économiques risquent d'être importantes pour la filière élevage, les opérateurs sont inquiets en particulier des conséquences possibles sur le marché des broutards qui va battre son plein dans les prochaines semaines. La pression sur les prix sera forte même s'il n'y a pas développement de la maladie dans les régions d'élevage allaitant.
Par ailleurs, l'apparition des cas sur notre territoire fait perdre à la France son statut de Pays indemne de fièvre catarrhale qu'elle ne pourra pas retrouver avant 10 ans en l'état actuel de la législation.
Les conséquences sur le marché de la génétique sont d'autant plus redoutées par les professionnels français que la régionalisation n'est pas prévue dans les textes en vigueur. Ainsi ce serait le commerce des semences ovules et embryons de toutes les unités de production françaises qui seraient concernées.
           Textes réglementaires :


      Modification des dispositions règlementaires en novembre 2008
Arrêté ministériel du 4 novembre 2008

L'arrêté ministériel du 4 novembre 2008 renforce les dispositions relatives à la lutte contre la fièvre catarrhale. Parmi les principaux points on peut relever la possibilité donner à l'administration de commencer à mettre en oeuvre des mesures dès que des signes cliniques sont mis en évidence, sans attendre le résultat des tests séroliogiques, ou l'obligation faite aux éleveurs de vacciner leurs animaux à l'exception des animaux de boucherie destinés à être abattus avant l'âge de 10 mois ou de ceux maintenus dans des bâtiments fermés et protégés des insectes vecteurs.
      FCO : Conditions des mouvements Chaumont à compter du 15/10/2007
note d'information DSV 16/10/2007



La situation épidémiologique nationale et internationale, qui se traduit par une forte progression de la fièvre catarrhale, et l'entrée en vigueur prochainement d'un règlement communautaire qui facilitera les conditions de circulation des animaux, conduisent à la modification des règles de circulation applicables aux ruminants.

1. Mouvements nationaux :
a. Pour les animaux d'abattage :
Les mouvements d'animaux de PI à ZR, de ZR à Zl et de PI à ZI sont autorisés sur l'ensemble du territoire et doivent satisfaire aux conditions suivantes :
- désinsectisation (avec temps d'attente nul) des animaux et des moyens de transport avant le chargement, et
- abattage rapide dans un délai de 48 heures maximum après sortie de PI, ou de ZR.
(suppression de l'interdiction d'aller dans certains abattoirs du sud de la France)

b. Pour les animaux d'élevage ou d'engraissement
Cas général
Les mouvements d'animaux de PI à ZR et ZI et de ZR à Zl sont autorisés et doivent satisfaire aux conditions suivantes :
- Un test de dépistage virologique au départ, et la désinsectisation des animaux est débutée 14 jours avant le prélèvement nécessaire au test et maintenue jusqu'à l'arrivée en ZR ou ZI,
- ou un test sérologique au départ, et la désinsectisation est débutée 28 jours avant le prélèvement nécessaire au test et maintenue jusqu'à l'arrivée en ZR ou en ZI ;
- Les animaux doivent être déplacés dans les 7 jours suivant le prélèvement réalisé au départ,
- Désinsectisation des véhicules avant le départ.
L'obligation d'un second test à l'arrivée pour les animaux issus de périmètres interdits est supprimée.
Les animaux de périmètres interdits peuvent aller en zone indemne ( sous réserve des tests de dépistage ci-dessus). La notion d'animaux de haute valeur génétique est supprimée.
Les animaux à destination de ZI doivent faire l'objet de la procédure canalisée à l'arrivée en ZL(inscription Zone FCO sur l'ASDA, interdiction de partir aux échanges pour l'instant)
Veaux « de 8 jours »:
Un protocole allégé sans test est prévu pour les mouvements de veaux de PI vers ZR et ZI et de ZR vers ZI.
- les veaux de 8 jours en bonne santé seront traités avec un insecticide autorisé avant la sortie de l'exploitation d'origine,
- le transport à destination d'un atelier d'engraissement s'effectuera dans des moyens de transport désinsectisés préalablement au chargement,
- les veaux peuvent être successivement collectés dans des exploitations de zone de statut identique,
- un regroupement des veaux dans des centres désinsectisés de PI ou ZR,
- l'atelier d'engraissement de destination, doit être un bâtiment fermé et doit être désinsectisé préalablement à la mise en place des animaux,
- à destination, le traitement insecticide des veaux doit être poursuivi jusqu'au 60ème jour suivant leur mise en place.
Le protocole des veaux « de 8 jours » peut être étendu aux chevreaux et aux agneaux de moins d'un mois pour engraissement avant abattage.

c. Cas particulier des manifestations:
Sont considérés comme manifestation les salons, foires, expositions à caractère ponctuel.
Principe général : Une manifestation quelle que soit sa zone peut accueillir des animaux de toutes les zones sous réserve du respect de certaines conditions.
Si l'exploitation d'origine de l'animal est située dans une zone de statut moins favorable que la zone de la manifestation, les conditions générales de mouvements s'appliquent (voir ci-dessus) .
2. Mouvements intracommunautaires
A l'heure actuelle, pour les animaux issus des périmètres interdits, seuls les échanges avec les zones réglementées des Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne sont possibles.

2. Mouvements européens :
Un règlement a été adopté par la commission européenne et devrait entrer en vigueur dans un délai de 2 à 3 semaines .
Ce règlement prévoit la possibilité d'échanges entre tous les pays européens, y compris des animaux issus des périmètres interdits vers un pays indemne.
Les conditions sanitaires seront :
- Désinsectisation devant être commencée au moins 14 jours avant la réalisation des tests sanguins
- Test virologique négatif dans les 7 jours qui précédent la sortie de la zone de restriction ;
II est donc conseillé aux exploitants voulant bénéficier de ces nouvelles possibilités d'échanges, de désinsectiser leurs animaux dès à présent .
- La désinsectisation devra se faire avec des médicaments vétérinaires ayant une AMM pour l'espèce concernée .
- Le traitement devra être inscrit dans le registre d'élevage .
- Les ordonnances devront être conservées 5 ans .
- La preuve d'achat (facture) devra être conservée pendant 3 ans.
- Au moment de la certification pour les échanges, il sera demandé une attestation sur l'honneur du détenteur de l'animal, indiquant pour chaque animal, son numéro d'identification, le nom du produit utilisé, la date et l'heure d'administration du traitement (ceci devra être conforme aux indications portées sur le registre d'élevage).