Un nouveau contexte réglementaire
La réforme de la Politique Agricole Commune et le découplage d'une partie des aides à la production conduisent les éleveurs allaitants à s'interroger sur les adaptations et les ajustements à apporter à leur système.
En France, les primes à la vache allaitante (PMTVA) seront maintenues couplées intégralement. Chez les éleveurs allaitants, ceci devrait assurer, après quelques années de baisse, le maintien des effectifs de vaches reproductrices en place. Par contre, le souhait de certains éleveurs laitiers d'arrêter leur production actuelle pourrait orienter à la hausse les effectifs de vaches allaitantes, du fait de leur reconversion.
De nouvelles questions
En revanche, à partir de 2006, le découplage concernera 60 % des Primes à l'abattage (PAB), 100 % du complément de PAB pour les femelles ainsi que la totalité des Primes Spéciales Bovins Mâles (PSBM) et du complément extensif. Ce bouleversement suscite des questions sur l'avenir de l'engraissement chez les engraisseurs de jeunes bovins, mais aussi chez les producteurs de bœufs et génisses à l'herbe. En effet, ces catégories d'animaux sont fortement liées à certaines indemnités compensatoires et une grande partie d'entre-elles sont remises en cause par le découplage. Par contre, les contraintes de chargement liées au complément extensif étant levées, certains éleveurs pourront être tentés d'engraisser plus d'animaux ou d'augmenter leur troupeau allaitant.
La réponse aux interrogations des éleveurs passe par la connaissance des prix et donc l'évolution du marché européen de la viande bovine. En effet, suite au découplage, l'intérêt de nombreuses productions dépendra fortement de leur rentabilité hors Droits à Paiement Unique (DPU). A l'avenir, c'est donc souvent le marché qui va fortement  jouer sur l'intérêt d'une production par rapport à une autre car les indemnités compensatoires ne représenteront alors qu'une faible part du produit de l'atelier. La concurrence entre les productions animales, ou avec les productions végétales, se trouve modifiée.
Actuellement, le contexte européen correspond à une situation de déficit de production de viande bovine et donc à des prix  attractifs. Mais, les choix faits par les producteurs européens suite au découplage, tout comme l'attitude des consommateurs, auront de grandes conséquences sur la place plus ou moins importante qui sera laissée aux importations. Ce sont ces dernières qui pèseront sur l'évolution des marchés et des prix de la viande.
Mais tout d'abord, rappelons 2 principes de base pour mener une réflexion sur son exploitation :
- Ce qui fait avant tout la résistance d'une exploitation à des bouleversements tels que la réforme de la PAC, c'est sa logique d'ensemble : la question à se poser est donc « quel équilibre ai-je entre mes moyens de productions (SAU, STH, maïs ensilage, cultures, bâtiment…) et les différents ateliers présents (taille et type d'atelier, devenir des animaux, …) ? Ce sont les premiers points à étudier dans la réflexion à mener.
- Enfin, le raisonnement d'un système de production (naisseur ou naisseur-engraisseur) se fait sur la durée. Il n'est  pas souvent intéressant de passer d'un système à l'autre en fonction de la conjoncture, car les périodes de transition sont souvent coûteuses. D'éventuelles adaptations à la réforme de la PAC sont donc à réfléchir à long terme.