La réforme de la PAC interroge
sur l'avenir des exploitations laitières
Articles rédigés par l'équipe des réseaux d'élevage
et publiés initialement dans l'Avenir Agricole de la Haute-Marne au cours de l'été 2005.
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La réforme de la PAC interroge sur l'avenir des exploitations laitières

La réforme de la PAC constitue un changement radical pour les producteurs laitiers. La baisse programmée des prix d'intervention, le versement d'une prime laitière, le découplage des aides, l'éco-conditionnalité… auront des répercussions importantes sur les exploitations laitières et sur le paysage laitier de nos régions. La mise en œuvre du découplage des aides prendra effet en France à partir de 2006. On peut logiquement penser que la présente année 2005 va être marquée par une attitude assez attentiste de la part des éleveurs. C'est donc l'occasionde poser les bonnes questions et d'essayer d'y répondre sans excès de précipitation et en toute connaissance de causes.
Les premières analyses sur les effets attendus de la réforme de la PAC, tirées d'une
étude conduite par l'Institut de l'Elevage avec la participation des Réseaux d'Elevage des Chambres d'Agriculture, concluent à différentes adaptations, certaines inscrites dans des tendances lourdes antérieures à la réforme et d'autres plus spécifiques.
L'équipe des réseaux d'élevage tente d'aborder huit questions qui se posent dans ce nouveau context, non pas pour  apporter des recettes toutes faites mais plutôt dans l'idée d'ouvrir le champ des différentes possibilités qui s'offrent  et toujours avec une approche globale de l'exploitation.

Restructuration et spécialisation de l'élevage laitier
L'importance de la restructuration de l'élevage laitier dépendra avant tout de l'évolution du prix du lait :107 000 élevages laitiers en France aujourd'hui ; 60 000 à 75 000 à l'échéance 2012. Cette restructuration affectera de façon assez contrastée les zones agricoles de notre région. En cas de forte baisse du prix de lait, les zones de polyculture élevage, où il est plus facile d'imaginer des productions alternatives, pourraient être plus touchées ; à l'inverse les zones herbagères « résisteraient mieux ».
Le mouvement de diversification des exploitations laitières consécutif à l'instauration des quotas laitiers en 1983 avait conduit bon nombre d'exploitations laitières de nos régions à mettre en place des ateliers de viande bovine et à développer les cultures de vente. Diversification il faut le reconnaître plus subie que choisie … La restructuration qui s'annonce permettrait donc à des éleveurs motivés par la production laitière et à surface constante de développer la production laitière au détriment des autres ateliers pendant que d'autres abandonneraient le lait pour se consacrer à d'autres productions. Les nouveaux équilibres qui se dessinent ainsi nous interrogent sur le devenir des ateliers de viande complémentaires du lait.

Modernisation-agrandissement des bâtiments d'élevage
Dans le prolongement des plans de mise aux normes des bâtiments d'élevage, la restructuration entraînera des besoins d'agrandissement pour les éleveurs désireux de poursuivre l'activité laitière et disposant de bâtiments modernes mais de capacité insuffisante, elle nécessitera pour d'autres d'investir dans de nouveaux sites en raisons d'installations devenues obsolètes.

Intensification animale et extensification fourragère
La possibilité pour des éleveurs de produire plus de lait, pourrait relancer l'intérêt de l'intensification animale à condition de conserver une bonne maîtrise des intrants. Pour les vaches à forte production au sein de gros troupeaux, la position du maïs serait confortée au détriment de l'herbe qui serait utilisée de façon encore plus extensive. Et pourtant la réforme, par le découplage à 75% des aides aux cultures, redonne du crédit aux prairies et plus particulièrement lorsque celles-ci sont pâturées !

Recherche de plus-value
La recherche d'une productivité accrue sera à n'en pas douter le premier levier mis en œuvre pour faire face à une conjoncture qui pourrait être plus difficile. Mais cette voie peut rapidement trouver ses limites dans les exploitations où les contraintes sont plus importantes : parcellaire morcelé, relief, bâtiments peu fonctionnels, etc… Comme en montagne vosgienne par exemple. Dans ces situations les solutions seront à rechercher ailleurs : maîtrise accrue dans l'utilisation des intrants, démarche qualité, vente directe, etc…