
Source : lettre éonomique APCA juillet 2011
Dans un contexte d’instabilité des prix agricoles et de relations commerciales tendues, cet Observatoire œuvre à la transparence des rapports de prix au long des filières et souhaite parvenir à établir des rapports de confiance entre les différentes parties prenantes en réunissant tous les acteurs d’une même filière qui s’accordent sur des séries de prix et la méthodologie adoptée.
L’Observatoire se veut pédagogique et rappelle que comparer directement des prix payés au producteur et des prix payés au consommateur n’est pas pertinent. En effet, dans un animal, toutes les pièces ne sont pas valorisées au même prix : une carcasse de vache à 2,8€/kg peut passer à plus de 4€/kg uniquement en enlevant les os. Le principe est donc de retraiter tous les prix pour les comparer dans une unité commune à tous les stades de la filière. Le rapport de l’Observatoire fournit également des diagrammes des flux très complets pour chaque filière. Ils présentent les modes de commercialisation en retraçant la part des produits de la production transitant par l’industrie et la distribution jusqu’à la consommation (y compris la restauration hors foyer).
La notion de marge brute correspond :
- Pour la distribution : à la différence entre le rix de vente hors taxe et le prix d’achat du produit hors taxe (exprimés dans une même unité) ;
- Pour la transformation : à la différence entre le prix de vente hors taxe du produit transformé et le prix d’achat hors taxe de la matière première agricole contenue dans le produit (exprimés dans une même unité).
Ces marges brutes ne sont pas des bénéfices, mais une ressource destinée à couvrir les charges. Pour la plupart des filières, les agriculteurs ne peuvent donc pas répercuter la hausse des charges.
Marges par type de produit
Pour les fruits et légumes, les taux de marge moyens des GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) varient d’un produit à l’autre, ils sont particulièrement élevés pour des fruits et légumes aux prix à l’expédition faibles ou bien très périssables. Pour les produits laitiers, le rapport indique une instabilité des coûts de la matière première agricole et des marges brutes des industriels alors que les marges brutes des GMS se maintiennent. Dans la filière viande porcine, la marge brute des GMS représente alors environ 50% du prix du porc frais payé par le consommateur, contre 36% pour la matière première agricole. Pour le jambon, la marge brute de la GMS est d’environ 45% alors que moins d’un tiers de la valeur du prix de détail revient à l’éleveur. En viande bovine, les taux de marges brutes sont proches de 30 % pour la distribution.
L’Observatoire a également pour objectif d’étudier les coûts de production au stade de la production agricole, les coûts de transformation et les coûts de distribution des produits alimentaires.
Part de l'industrie
L’analyse des comptes des entreprises spécialisées dans chaque espèce (bovin, porcin, volaille) ou produits laitiers permet d’identifier les principaux postes de charges pour l’industrie ainsi que le résultat courant avant impôts. En moyenne, sur la période 2000- 2008, les comptes du secteur industriel indiquent que le résultat courant avant impôts varie de 1 à 3 % selon la filière.
Part de la production
Au stade production, l’Observatoire constate que les coûts de production sont régulièrement supérieurs au prix de vente, les aides ne compensant pas toujours la différence. Les résultats du rapport soulèvent donc à nouveau le problème de la rémunération de l’acte de production d’autant plus que la valorisation de la matière première ne cesse de diminuer dans le produit vendu au consommateur.
Part de la distribution
En revanche, l’Observatoire ne dispose pas d’élément pour décomposer les marges brutes de la distribution. Ces marges peuvent être amplifiées par le modèle de l’Observatoire qui suit des produits de consommation courante, emblématiques, alors que la marge du distributeur se fait au niveau du rayon voire sur le magasin. Le manque de participation de la grande distribution à cet Observatoire est largement dénoncé par la profession agricole, d’autant plus que la marge brute de la distribution apparaît parfois très importante.
Pour plus de détails, le rapport 2011 est en ligne sur le site Internet de FranceAgriMer :
http://www.franceagrimer.fr/Projet-02/04infos_eco/index401.htm