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Marges de progrès en élevage laitier

(*) Diagnostic DECELAIT réalisé par les chambres d’agriculture des Ardennes et de la Haute Marne et Ardennes Conseil Elevage dans le cadre du Contrat de Projet Etat Région 2007-2013

le respect de quelques cohérences techniques simples est toujours payant

La démarche DECELAIT conçue par l’équipe des réseaux d’élevage (partenariat Chambres d’agriculture-Institut de l’Elevage) a pour objectif de réaliser un diagnostic simple et efficace. A travers l’analyse de quelques critères techniques (notamment la valorisation des surfaces en herbe et la gestion des concentrés), ce diagnostic permet d’identifier des marges de progrès ayant un impact important sur l’efficacité économique de l’exploitation.

En 2010, 233 diagnostics(*) ont été réalisés dans les Ardennes et en Haute Marne dans des exploitations représentatives de la diversité des systèmes d’exploitation. Retour sur les principaux enseignements de ce travail.

Une exploitation sur deux pourrait mieux valoriser ses surfaces en herbe


Eleveurs ayant une gestion cohérente des surfaces en herbe

Eleveurs sous valorisant leur surface en herbe

% des éleveurs enquêtés

51%

49%

Valorisation de l'herbe

5,9 tMS/ha

4,4 tMS/ha

Valeur repère 

5,6 tMS/ha

5,7 tMS/ha

Ecart au repère

+0,3 tMS/ha

-1,3 tMS/ha

Produit brut/ha

1 538 €

1 395 €

EBE/ha

505 €

441 €

 

 

Pour la moitié des exploitations enquêtées, l’herbe présente sur l’exploitation pourrait être mieux valorisée. A fertilisation azotée égale la valorisation moyenne de leur surface n’est que de 4,4 tonnes de matière sèche/ha/an pour une valeur repère de 5,7 tMS/ha; soit un écart de 1,3 tonnes.

Les exploitations ayant une bonne gestion de l’herbe dégagent un EBE/ha de 505 € contre 430 € pour celles qui sous valorisent leur herbe. Cela illustre l’évidence de l’impact économique d’une gestion cohérente des surfaces.
Ce résultat s’explique avant tout par un meilleur produit/ha dégagé (+ 143 €/ha) permis par l’optimisation de la ressource en herbe :

-    soit par la mise en place d’animaux valorisateurs d’herbe (en fonction de la place et de la main d’œuvre disponibles) : bœufs, vaches allaitantes, ovins,
-    soit par le raisonnement de la place du maïs dans le système au regard des disponibilités en herbe « obligatoire », ce qui peut permettre de dégager des surfaces initialement prévues en maïs ensilage pour des cultures de vente.

pour un tiers des exploitations, l’herbe obligatoire pourrait être mieux valorisée … avec un intérêt économique évident

 

Trop de concentrés par vache pour près de la moitié des exploitations

 

Eleveurs ayant une gestion cohérente des concentrés

Eleveurs consommant trop de concentrés

% des éleveurs enquêtés

55%

45%

Lait par VL

7 017 l/VL/an

6 609 l/VL/an

Quantité de concentrés par VL et par an

1 217 kg

 

soit 173 g/l

1 787 kg

 

soit 270 g/l

 

 

Valeur repère 

1 316 kg

1 198 kg

Ecart au repère

- 99 kg/VL/an

+ 590 kg/VL/an

Charges opérationnelles/PB

35%

40%

EBE/ha

505 €

383 €

  Dans près de la moitié des situations rencontrées, une surconsommation de concentrés de 550 kg/VL/an par rapport à la valeur repère apparaît.
Sur ce poste, les marges de progrès se situent aussi sur le type de concentrés (utilisation de matières premières, autoconsommation de céréales, concentrés du commerce, …). En effet, pour une même quantité de concentrés distribuée et des performances identiques, l’écart en terme de charge peut aller jusqu’à 60 €/1000 l.

Les exploitations ayant une gestion cohérente des concentrés présentent un EBE/ha supérieur de 122 € ; résultat qui s’explique avant tout par une meilleure maîtrise des charges opérationnelles…

Et vous, comment vous situez-vous ?

L’analyse des résultats confirme le fait que les exploitations cohérentes sur les critères « valorisation des surfaces en herbe » et « gestion des concentrés » ont une efficacité économique nettement supérieure à celles présentant des marges de progrès sur ces deux points.

Aussi, même dans un contexte changeant où la nécessité de s’adapter est omniprésente, le respect de quelques cohérences techniques de base reste la première piste à explorer.

En 2012, une formation « mon revenu : mieux le comprendre pour l’améliorer », à partir de l’analyse du diagnostic DECELAIT, sera proposée dans le cadre d’un programme financé par VIVEA et France Agrimer. N’hésitez pas à vous inscrire pour faire le point sur votre situation.

L’équipe des Réseaux d’Elevage Lait
Pour la Chambre d’Agriculture des Ardennes : Jean Philippe MOUSSU
Pour la Chambre d’Agriculture de la Haute Marne : Daniel COUEFFE
Pour l’Institut de l’Elevage : Dominique CAILLAUD

 

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