Bienvenue !

Les pratiques sanitaires en bovins allaitants

Réseaux d'élevage

Consulter l'étude complète en format pdf

Depuis 3 ans, l'élevage allaitant français évolue dans un contexte particulièrement difficile, conséquence d'une forte volatilité des prix des intrants combinée aux fuctuations des marchés. Ce contexte amène les éleveurs bovins viande à réféchir sur l'efficacité économique de leur système de production.

La maîtrise des coûts, par l'analyse des différents postes de charge, est au coeur du questionnement. Ainsi, le poste sanitaire, au travers des frais vétérinaires (coûts des visites, des analyses, des médicaments, des traitements parasitaires et des vaccins), représente en 2008 près de 20 % des charges directes de l'atelier (figure I) et n'a cessé d'augmenter durant la dernière décennie à un rythme supérieur à l'évolution des indices de prix, la lutte contre la FCO ayant accentué la tendance. En 2008, les frais vétérinaires moyens des éleveurs enquêtés s'élevaient à 47 €/UGB (79 €/vache) avec une forte variabilité entre élevages, en augmentation générale de 7 % en moyenne par rapport à 2007.

Par ses efets sur la production, le sanitaire a également des conséquences sur les résultats technico-économiques des élevages: Près d'un éleveur sur deux considère que l'état sanitaire de son troupeau est un facteur de dégradation de ses performances techniques, en particulier au travers de la mortalité des veaux (pour 39 % d'entre eux), mais également de l'altération des performances de croissance des animaux.

Pour tenter d'expliquer les écarts, l'accent a été mis sur deux volets jugés importants (maîtrise de la mortalité des veaux et gestion du parasitisme) autour des pratiques et des coûts: quelles pratiques les éleveurs mettent-ils en oeuvre dans leur troupeau ? Existe-t-il des liens technico-économiques entre pratiques sanitaires, coûts et résultats?

Dans le prolongement des études sur l'analyse des coûts de production, l'enquête annuelle des Réseaux d'élevage, réalisée en 2010, s'intéresse aux frais vétérinaires, un poste qui pèse en moyenne pour près de 20 % dans les charges directes de l'atelier bovin allaitant. Le niveau moyen de frais vétérinaires (48 €/UGB) masque une dispersion importante qui n'est liée ni à la taille des troupeaux, ni au type d'atelier naisseur ou naisseur-engraisseur). Le questionnaire de l'enquête visait donc à faire émerger les facteurs qui infuencent les coûts vétérinaires et à caractériser les stratégies et les pratiques des éleveurs qui se cachent derrière la variabilité observée. 5 facteurs infuençant la composition et le niveau de coûts vétérinaires se sont distingués, sans que l'analyse ne puisse les hiérarchiser: la race (en lien avec les difficultés à la naissance), le système d'élevage (profil particulier des élevages en agriculture biologique), la stratégie de vaccination de l'éleveur (qui devient systématique avec l'augmentation de la taille des troupeaux), la gestion du parasitisme (avec l'utilisation prépondérante de protocoles de traitements systématiques) et l'état sanitaire du troupeau (difficile à caractériser collectivement).

L'examen plus particulier de la mortalité des veaux, identifiée comme une préoccupation importante pour la moitié des éleveurs, montre que très peu d'entre eux mettent en oeuvre l'ensemble des préconisations pour la prévention des risques sanitaires sur les veaux. En compensation, la vaccination préventive est largement utilisée, et d'autant plus que les veaux sont nombreux (grands troupeaux), une sorte d'assurance sanitaire qui se paie...

Le même constat est fait concernant la gestion du parasitisme, les traitements systématiques déconnectés de la notion de risque étant majoritairement employés, faute de temps pour adopter une stratégie plus ciblée.

Au final et en moyenne, 26 € de frais véto par UGB séparent les éleveurs en gestion préventive systématique des autres. L'analyse détaillée des pratiques et stratégies en matière sanitaire n'a pas mis en évidence de liaison avec les performances techniques des élevages : pratiques préventives, curatives, vaccinales... chaque éleveur adopte la stratégie sanitaire adaptée à ses contraintes et son contexte d'élevage avec pour objectif de maintenir ses résultats techniques.

Mentions légales | Contacts |  Plan du site |  Coordonnées