
Etude réalisée par : Armelle Gac, Jean-Baptiste Dollé et André Le Gall (Institut de l,Élevage, UMT RIEL), Kadja Klumpp et Thiphaine Tallec (UREP - INRA UR 874), Jérôme Mousset, Thomas Eglin et Antonio Bispo (ADEME - Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), Jean-Louis Peyraud et Philippe Faverdin (UMR PL - INRA, UMT RIEL).
L'agriculture est une source significative d'émissions de Gaz à Effet de Sserre. Mais en contrepartie, elle détient d'indéniables atouts pour les réduire, à la fois par la baisse de ses émissions gazeuses et par sa capacité à séquestrer le carbone dans les sols, notamment via les prairies. L''élevage herbivore français peut entretenir et accroître la séquestration de carbone par les prairies et les haies.
Au début des années 2000, des études de grande ampleur ont été menées pour évaluer l'état des sols et de leurs stocks de matière organique, que ce soit à l'échelon nationale ou à l'échelon inter national2(globalement, 1 500 milliards de tonnes de carbone dans le premier mètre de sol au niveau mondial.

Ces travaux font également état de la diminution des stocks de carbone dans la plupart des Systèmes agricoles à travers le monde depuis une cinquantaine d'années. Cette dynamique est principalement causée par les changements d'affectation des terres (déforestation, mise en culture des prairies), l'intensification du travail du sol, la réduction des apports de matières organiques et l'érosion des sols agricoles.
Au niveau mondial, le rôle de l'agriculture et de l'élevage dans la lutte contre le changement climatique est désormais largement reconnu par la FA0. Il est admis que les sols représentent le puits de carbone, naturel et à long terme (50-100 ans) le plus important sur les surfaces continentales. Le stockage de carbone par les prairies constitue donc une voie prometteuse pour contrebalancer les émissions de GES. L'élevage herbivore a ainsi un rôle majeur à jouer dans l'atténuation du changement climatique.