
QUELS ENSEIGNEMENTS DE LA SECHERESSE 2011 ?
- de bonnes repousses pour le pâturage et des 2èmes et 3èmes coupes supérieures à la normale,
- des maïs qui ont récupéré de façon extraordinaire,
- des dérobées implantées après les moissons.
Les dérobées ont été cultivées de façon bien plus importante que par le passé. Si la sécheresse en est une cause essentielle, il ne faut pas oublier de noter que l’obligation réglementaire faite aux agriculteurs de couvrir les sols en interculture (CIPAN) a aussi joué dans cette augmentation. Les entreprises d’approvisionnement ont même été prises au dépourvu, si bien qu’il était difficile en juin de se procurer de la semence et qu’en conséquence les prix avaient flambé. Lorsque les densités des semis ont été inspirées de celles recommandées pour les CIPAN, elles se sont généralement révélées insuffisantes pour la production fourragère. Certains éleveurs ont limité leurs achats de semences en recourant aux semences fermières (avoine, pois) ce qui leur a permis par ailleurs d’augmenter la densité de semis à moindre coût.

Une bonne part de ces dérobées a été semée début juillet derrière les orges d’hiver. Le choix des semences s’est porté en priorité sur des mélanges de type « vesce-avoine » ou « pois-avoine », et plus ponctuellement sur le mélange « trèfle-moha » ou sur des sorghos fourragers. Dans ces conditions, ces cultures se sont bien installées et ont pu être récoltées fin septembre. La plupart du temps les récoltes se sont opérées sous forme d’enrubannage ou d’ensilage mais aussi parfois en pâturage d’automne. Avec les densités habituellement retenues pour estimer les récoltes d’ensilage d’herbe (180 kg de MS / m3), les rendements se situeraient autour de 2 t MS / ha.
Les conditions pluvieuses de juillet ont retardé les récoltes de blé. Les semis de dérobées qui ont été réalisés derrière ce précédent sont intervenus fin juillet-début août. Les températures basses du mois d’août n’ont pas permis aux dérobées ainsi implantées de se développer dans de bonnes conditions. La plupart du temps ces cultures n’ont pas donné lieu à une récolte.
Malgré ce bilan assez mitigé, certains éleveurs pourraient être tentés de reconduire ces cultures dans les rotations à venir afin d’intensifier la production fourragère de l’exploitation. Plusieurs réflexions nous conduisent à penser que ce ne serait pas nécessairement une bonne solution :
-après un printemps particulièrement sec, l’été 2011 a été pluvieux et donc plutôt favorable à la culture des dérobées sur une période d’ordinaire souvent chaude et sèche. Dans les meilleures conditions les rendements ne sont cependant que de 2 t MS / ha !
- dans la plupart des situations d’élevage de nos régions, la contribution des dérobées au bilan fourrager reste assez faible (moins de 5 %). Il y a souvent beaucoup plus à récupérer par une bonne valorisation de l’herbe et plus particulièrement à l’automne, -enfin, cette culture se révèle coûteuse en frais d’implantation et de récolte au regard des modestes rendements auxquels l’éleveur peut prétendre.
- Des solutions à réserver au contexte de crise fourragère,
- à implanter dès que possible après les premières moissons,
- à des doses supérieures à celles pratiquées pour les intercultures,
- avec un peu d’azote à l’implantation si la réglementation l’y autorise.
Les Réseaux d’Elevage :
En ovins : Amélie DALLEMAGNE
En bovins lait : Daniel COUEFFE
En bovins viande : Gilles SAGET