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Virus de Schmallenberg

Départements infectés par le SBV (au 15 février 2012)

Dans le cadre d’investigations relatives à des diarrhées fébriles chez des ruminants, le laboratoire de référence allemand Friedrich-Loeffler-Institut (FLI) a identifié en novembre 2011 un nouvel orthobunyavirus, nommé Schmallenberg virus SBV (en référence à une ville proche des foyers, située à 80 km au Sud-Est de Dortmund). D’autres foyers ont depuis été recensés en Belgique, au Royaume-Uni, au Luxembourg et en Italie. Cet orthobunyavirus affecte les ruminants.
Cette affection n’est actuellement visée par aucune réglementation communautaire ou internationale.

source :  avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation,de l’environnement et du travail

Aide aux éleveurs

Evaluation de l'épidémie en mars 2012 par les GDS

Symptomes

Il s’agit d’une maladie d’élevage qui peut se manifester par de la fièvre, une chute de production ou des malformations à la naissance, en particulier chez les ovins. Le virus n’est pas contagieux d’un animal à l’autre mais est transmis par des insectes vecteurs.

Il est conseillé aux éleveurs de ruminants dont les animaux présentent des symptômes, de maintenir les animaux malades à l’intérieur du bâtiment d’élevage et de contacter leur vétérinaire dans le cadre de la surveillance clinique mise en place.

Chez les bovins adultes, une infection aiguë a été observée en Allemagne et aux Pays-Bas. Les animaux ont présenté un syndrome fébrile, associé à une diarrhée plus ou moins sévère et/ou une baisse de production de lait (jusqu’à 50 % de baisse). Ces symptômes, d’intensité légère à modérée, ont régressé spontanément en quelques jours. Par ailleurs, la reproduction expérimentale de la maladie sur trois bovins a permis d’enregistrer de la fièvre dans un cas et de la diarrhée dans un second cas. Par analogie avec d’autres virus apparentés plus documentés, comme le virus Akabane, l’infection pourrait être inapparente chez nombre de bovins.

Ces symptômes n’ont été observés ni chez les ovins, ni chez les caprins, ce qui milite en faveur d’une infection le plus souvent asymptomatique chez ces espèces (en dehors de la gestation).

Chez les femelles gestantes, une infection fœtale est à l’origine d’avortements et de mortinatalité associés à de graves malformations. Les malformations les plus fréquentes sont l’arthrogrypose (ankylose, raccourcissement des tendons), le torticolis et l’hydrocéphalie. D’autres malformations du système nerveux central peuvent être observées, telles qu’une hydranencéphalie ou une hypoplasie du cervelet. Ce tableau clinique est très proche de celui induit par le virus Akabane et, de manière plus générale, du « syndrome arthrogrypose-hydranencéphalie » observé lors d’infection par des virus du sérogroupe Simbu.

Définition du cas clinique suspect

Tout agneau, veau ou chevreau, fœtus ou nouveau-né, présentant une ou plusieurs malformations (arthrogrypose, raccourcissement des tendons du jarret, déformation de  la mâchoire, hydranencéphalie, torticolis…) ou des troubles neurologiques (paralysie flasque, mouvements exagérés, hyperexcitabilité, difficulté à téter, ataxie, cécité…). 

Le virus

Le SBV est un virus à ARN de la famille des Bunyaviridae et du genre Orthobunyavirus. L’origine de ce nouveau virus est inconnue. On ignore si le virus est apparu en 2011 en Europe ou s’il était présent depuis plus longtemps.
Le genre Orthobunyavirus est le plus important des cinq genres que compte la famille des Bunyaviridae avec plus de 170 virus connus. La classification à l’intérieur de la famille des Bunyaviridae, mais également à l’intérieur de chaque genre, a beaucoup évolué ces dernières années en fonction de la découverte de nouveaux virus et de l’étude de leurs caractéristiques par biologie moléculaire.

 

Espèces affectées

L’infection à SBV a été détectée chez des ruminants domestiques : bovins, ovins et caprins. En Allemagne, un bison a également été trouvé infecté. Il n’existe pas à ce jour de données sur la sensibilité au SBV de ruminants sauvages ou d’autres espèces, domestiques ou sauvages. Les données sur les virus apparentés les plus documentés font état, dans certains pays, de sérologies positives envers le virus Akabane, non seulement chez des bovinés, des ovins et caprins, mais aussi chez des chevaux, des zèbres, des chameaux et diverses espèces de ruminants sauvages.

 

Situation épidémiologique en France

Depuis la mise en place du dispositif de surveillance (4 janvier 2012), ce sont au total :

-    277 élevages confirmés par le qui sont touchés dans 28 départements : 02 (18), 08 (5), 10 (6), 14(7), 16 (2), 21 (4), 27 (2), 36 (10), 49, 50 (8), 51(2),  52 (29), 54 (28), 55 (9), 57 (23), 58 (2), 59 (8), 60 (2), 62 (12), 67 (3), 70 (2), 71, 76 (22), 80 (15), 86 (16), 87 (12), 88 (24), 89 (4).

-   plus de  800 exploitations ayant fait l’objet d’au minimum une suspicion clinique,
-    Sont concernés : 8 élevages bovins, 3 élevages caprins et 1 élevage ovin/caprin, le reste concerne les élevages ovins ;

Il s'agit aujourd’hui exclusivement  de confirmations sur des constats de mortinatalité ou de malformations fœtales.

 

Transmission vectorielle

Actuellement, les modes de transmission du SBV ne sont pas établis avec certitude. Par analogie avec des virus apparentés, il est très vraisemblable que ce dernier soit transmis par voie vectorielle, via des insectes, culicoïdes et/ou moustiques. De plus, la période à laquelle les animaux adultes ont manifesté les symptômes de la maladie, qui s’est ensuite avérée être liée au virus Schmallenberg, correspond à la période d’activité des insectes, notamment des culicoïdes. Il en est de même pour les femelles avortant ou mettant bas des nouveau-nés malformés actuellement : la période de contamination correspond à la fin de l’été 2011.

En outre, la localisation des comtés britanniques infectés par le virus, le long de la côte est de la Manche, est compatible avec un déplacement par voie aérienne des culicoïdes depuis le continent. Des études météorologiques ont montré qu’entre juillet et novembre 2011, certains vents auraient permis le transport de culicoïdes à partir des côtes belges et néerlandaises pendant des périodes de quatre à huit jours par mois..
Une recherche du virus chez différents insectes pourrait permettre de connaître l’identité des principales espèces intervenant dans sa transmission et d’étudier l’éventuelle capacité 

Une transmission via les fèces des animaux infectés ne peut pas être écartée, le génome viral ayant été détecté dans les selles diarrhéiques de bovins en phase aiguë.

La transmission de la mère au fœtus paraît démontrée, étant donné le nombre de nouveau-nés malformés à partir desquels le génome a été isolé. La question d’une éventuelle transmission par la semence est soulevée. Par ailleurs, la question de la durée de présence du virus au sein de l’organisme de jeunes ruminants viables, nés de mère infectée, est également posée.
Des recherches devraient permettre de confirmer ou non ces modes de transmission ainsi que l’importance relative de chacun d’eux.

A ce jour, aucun élément n’a permis de mettre en évidence une transmission du virus Schmallenberg à l’homme, notamment parmi les populations les plus exposées (éleveurs, vétérinaires). C’est notamment ce qui ressort du dispositif de vigilance mis en place dans certains pays comme les Pays-Bas.
D’après les données disponibles dans la littérature sur les Orthobunyavirus, si certains de ces virus sont pathogènes pour l’homme, ceux dont se rapproche le plus au plan génétique le virus Schmallenberg ne le sont pas (Akabane, Aino, Shamonda virus).

Par analogie avec le virus Akabane, et au regard des étapes du développement embryonnaire des fœtus, la période de contamination des femelles gestantes conduisant à ces anomalies pourrait se situer :

pour les brebis, entre les 28e et 36e jours de gestation,

pour les vaches, entre les 75e et 110e jours de gestation,

pour les chèvres, vers le 40e jour de gestation.

En outre, il n’est pas exclu qu’une infection dans les phases précoces de la gestation uisse entraîner une mortalité et une résorption embryonnaire qui se manifesteraient par es retours en chaleur.

la ressemblance entre le SBV et le virus Akabane conduit à envisager que, tout comme le virus Akabane persiste au Japon, zone tempérée, le SBV pourrait persister en Europe de l’ouest.

Ainsi, même si beaucoup des insectes adultes sont éliminés par les conditions météorologiques hivernales, on ne peut exclure l’hypothèse d’une persistance virale pendant cette période.
Lors de la reprise de l’activité vectorielle, la propagation pourrait reprendre à partir des zones infectées ou d’animaux déplacés à partir de ces zones. Elle pourrait à nouveau entraîner des symptômes aigus. La phase aiguë devrait être plus facilement soupçonnée et diagnostiquée, compte tenu de la connaissance de la maladie par les éleveurs et les vétérinaires.

Par la suite, des avortements et des malformations fœtales pourraient réapparaître, plus vraisemblablement dans les zones indemnes limitrophes des zones infectées en 2011 (sauf si des déplacements d’animaux depuis des zones infectées s’opéraient vers des régions lointaines et indemnes). Dans les zones infectées par le virus en 2011, la prévalence des troupeaux infectés et celle des animaux infectés dans ces troupeaux ne pourront être estimées qu’après l’utilisation du test ELISA attendu. Cependant, on peut penser que ces zones infectées en 2011 pourraient être moins impactées par la présence persistante du SBV. En effet, en se référant au virus Akabane, dans les zones où ce virus évolue de manière enzootique, l’infection est asymptomatique. De plus, il apparaît que la plupart des adultes en âge de reproduire ont acquis une immunité protectrice permettant ainsi d’éviter la contamination fœtale.

 

Mesures prises

Une surveillance clinique des malformations chez les ruminants visant à déceler la circulation du virus Schmallenberg sur le territoire métropolitain a été mise en place.

Les prélèvements à privilégier pour la recherche du virus SBV sont les organes des nouveaux-nés et particulièrement le cerveau.

Le Laboratoire de santé animale de l’Anses Maisons-Alfort (LSAn) est le seul laboratoire français en capacité de réaliser le diagnostic de l’infection (par Rt-PCR) et le mettra en œuvre pour toutes les suspicions déclarées. Il n’existe à l’heure actuelle aucune méthode de diagnostic sérologique et aucun vaccin contre le SBV.

En l’absence de risque pour la santé publique et de réglementation spécifique à cette nouvelle affection et compte tenu du faible risque de transmission de cette maladie vectorielle en hiver, aucune restriction particulière n’est mise en oeuvre dans les exploitations suspectes.

 

Incertitudes

Elles portent notamment sur :

  • le virus : sa survie dans l’environnement, notamment les fèces, et sa capacité à se multiplier chez les hôtes potentiels ;  sa présence asymptomatique chez de jeunes animaux, contaminés in utero mais viables ; la production d’anticorps neutralisants et la durée de l’immunité qu’ils confèrent ;
  • les espèces affectées, domestiques et sauvages, dont la liste n’est pas forcément exhaustive à ce jour ;
  • la répartition géographique, connue au rythme des suspicions cliniques confirmées ;
  • les modes de transmission du SBV : la transmission par les culicoïdes est très probable, mais reste à confirmer, en précisant les espèces de culicoïdes incriminées. L’éventuelle transmission par des moustiques reste à explorer. Il est important de confirmer ou infirmer la possibilité de transmission via les fèces des animaux malades et par la semence.

Aides aux éleveurs

Afin de venir en aide aux éleveurs, le Département et la Région ont fait le choix d’intervenir conjointement et de mettre en place une aide exceptionnelle.:    

Par exploitation, le montant maximum de l’aide pourrait atteindre 7 500 € à raison de 45 € par animal, financé à 50% par le conseil général et à 50% par le conseil régional.
Un formulaire à renseigner est disponible sur simple demande auprès de la direction de l’environnement et de l’agriculture du conseil général.

Les dossiers doivent être retournés au plus tard le 31 décembre 2012 afin de bénéficier de ce dispositif exceptionnel.

Contact :
Conseil général de la Haute-Marne
Direction de l’environnement et de l’agriculture : 03 25 32 85 71

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