
Sur ces derniers mois les démarches analytiques tels que les coûts de production, les prix de revient, les coûts alimentaires, etc…ont largement été vulgarisées. Elles permettent d’analyser finement chaque composante de son atelier afin de les comparer à une référence ou d’autres exploitations de même type pour en déduire les postes à améliorer. Mais pour éviter toute erreur d’interprétation, il est indispensable au préalable de s’assurer de la cohérence entre les différents ateliers de son exploitation. L’analyse globale reste donc indispensable pour s’assurer de l’efficacité économique de son exploitation.

Avant de situer vos résultats par rapport à nos repères, il paraît nécessaire de définir quelques critères.

A partir du suivi des fermes de références, les Réseaux d’Elevage Bovin Lait fournissent à l’ensemble des éleveurs laitiers des repères économiques en fonction de la typologie simplifiée suivante :

Le produit par ha traduit le niveau d’intensification global de l’exploitation. Dans les fermes laitières, il est en général d’autant plus important que la densité de quota par hectare et le chargement animal sont élevés. En 2010, le prix élevé des céréales favorise aussi le niveau de produit des systèmes en polyculture élevage. Dans les exploitations ayant un produit insuffisant, les raisons sont à rechercher dans les différents points suivants : système incohérent (choix, niveau d’intensification et cohérence entre les différents ateliers herbivores par rapport aux surfaces fourragères disponibles), sous réalisation du quota, mauvaise qualité du lait, faible chargement, poids de carcasse insuffisants ou des rendements céréaliers inférieurs aux moyennes de l’année.
Lorsque les charges proportionnelles sont trop élevées, il faut rechercher les marges de progrès du côté des pratiques de rationnement animal, des plans de fumure, des traitements phyto sanitaires ou des quantités de semences.
Un faible EBE peut bien sûr être la conséquence d’une productivité insuffisante ou d’un excès de charges proportionnelles mais cela peut également provenir d’un excès de dépenses de structure et le principal poste à surveiller est la mécanisation. Si votre EBE ne suffit pas à faire face à vos prélèvements privés, à vos annuités et à votre autofinancement, il est alors urgent de prendre contact avec votre conseiller de Chambre d’Agriculture afin de réaliser une analyse globale de votre exploitation pour déceler les pistes d’amélioration, recaler votre système et mettre en place des itinéraires techniques performants et économes
L’équipe des réseaux d’élevage lait
Daniel COUEFFE Chambre d'Agriculture de Haute-Marne
Dominique CAILLAUD Institut de l’Elevage