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Repères économiues en production laitière

Réseaux d'élevage

RESEAUX D’ELEVAGE ET CHAMBRES D’AGRICULTURE : REPERES ECONOMIQUES POUR LES EXPLOITATIONS LAITIERES EN 2010

Après une année 2009 largement pénalisée par la crise, les premiers résultats économiques 2010 laissent entrevoir une amélioration de la situation des éleveurs laitiers. En ces périodes de turbulence, il nous paraît donc nécessaire de fournir aux exploitants qui reçoivent leur comptabilité 2010, des repères économiques qui permettent de se situer dans la globalité de l’exploitation.

Sur ces derniers mois les démarches analytiques tels que les coûts de production, les prix de revient, les coûts alimentaires, etc…ont largement été vulgarisées. Elles permettent d’analyser finement chaque composante de son atelier afin de les comparer à une référence ou d’autres exploitations de même type pour en déduire les postes à améliorer. Mais pour éviter toute erreur d’interprétation, il est indispensable au préalable de s’assurer de la cohérence entre les différents ateliers de son exploitation. L’analyse globale reste donc indispensable pour s’assurer de l’efficacité économique de son exploitation.

Du produit à l’EBE en passant par les charges proportionnelles

Avant de situer vos résultats par rapport à nos repères, il paraît nécessaire de définir quelques critères.

  • Le produit correspond à l’ensemble des ventes de l’exploitation auxquelles il faut ajouter les variations de stocks, l’autoconsommation, les cessions internes, les indemnités compensatoires PAC et les produits divers.
  • Les charges proportionnelles sont les charges liées directement à la production : engrais, semences, traitements, assurance grêle, aliments (y compris céréales autoconsommées au prix de cession) et frais d’élevage.
  • Les charges de structure hors amortissements et frais financiers sont les charges fixes nécessaires au fonctionnement de l’exploitation : carburants, entretien, travaux par tiers, fermage, frais généraux, MSA et charges salariales.
  • L’excédent brut d’exploitation (EBE) est l’indicateur le plus synthétique de l’efficacité économique de l’exploitation ; à nuancer cependant en fonction de la présence ou non de salarié
les démarches analytiques ne doivent pas faire oublier la cohérence globale

Déterminez le système auquel vous appartenez...

A partir du suivi des fermes de références, les Réseaux d’Elevage Bovin Lait fournissent à l’ensemble des éleveurs laitiers des repères économiques en fonction de la typologie simplifiée suivante :

  • système agriculture biologique : ces exploitations conduisent leur exploitation en respectant le cahier des charges de l’agriculture biologique,
  • système herbager : ces exploitations se caractérisent par l’absence de maïs ensilage,
  • système élevage-maïs : dans ces exploitations le lait est produit en partie avec du maïs ensilage, il peut y avoir présence ou non d’un atelier viande et les cultures de vente ne dépassent pas 30 à 40 ha,
  • système polyculture élevage : l’atelier cultures de vente compte plus de 40 ha et on peut aussi y trouver un atelier viande de plus ou moins grande dimension

…et situez vos résultats économiques 2010 sur les repères.

Le produit par ha traduit le niveau d’intensification global de l’exploitation. Dans les fermes laitières, il est en général d’autant plus important que la densité de quota par hectare et le chargement animal sont élevés. En 2010, le prix élevé des céréales favorise aussi le niveau de produit des systèmes en polyculture élevage. Dans les exploitations ayant un produit insuffisant, les raisons sont à rechercher dans les différents points suivants : système incohérent (choix, niveau d’intensification et cohérence entre les différents ateliers herbivores par rapport aux surfaces fourragères disponibles), sous réalisation du quota, mauvaise qualité du lait, faible chargement, poids de carcasse insuffisants ou des rendements céréaliers inférieurs aux moyennes de l’année.


Lorsque les charges proportionnelles sont trop élevées, il faut rechercher les marges de progrès du côté des pratiques de rationnement animal, des plans de fumure, des traitements phyto sanitaires ou des quantités de semences.
Un faible EBE peut bien sûr être la conséquence d’une productivité insuffisante ou d’un excès de charges proportionnelles mais cela peut également provenir d’un excès de dépenses de structure et le principal poste à surveiller est la mécanisation. Si votre EBE ne suffit pas à faire face à vos prélèvements privés, à vos annuités et à votre autofinancement, il est alors urgent de prendre contact avec votre conseiller de Chambre d’Agriculture afin de réaliser une analyse globale de votre exploitation pour déceler les pistes d’amélioration, recaler votre système et mettre en place des itinéraires techniques performants et économes

Les prix agricoles varient très fortement d’une année à l’autre et un manque de vigilance dans la conduite de votre exploitation peut vite fragiliser la situation financière. Dans ces périodes d’incertitudes ou de nombreux outils analytiques sont disponibles pour vous aider à gérer vos ateliers, il ne faut pas oublier les fondamentaux ; l’analyse globale de votre exploitation en fait évidemment partie.

 

L’équipe des réseaux d’élevage lait
Daniel COUEFFE  Chambre d'Agriculture de Haute-Marne
Dominique CAILLAUD  Institut de l’Elevage

 

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