
Communication des Réseaux d’Elevage
A la sortie de l'hiver 2009-2010, les stocks fourragers étaient au plus bas. Le printemps froid et sec a donné lieu à une faible pousse de l'herbe. Les récoltes en première coupe ont été inférieures de 20 à 30 % à la normale. Le déficit d’herbe au printemps a compliqué la gestion du pâturage ; beaucoup d'éleveurs ont dû complémenter les bovins à partir de fin juin - début juillet. Le mois d'août a vu le retour des pluies qui ont permis de bonnes repousses à l'automne.
Les maïs implantés en conditions sèches ont souffert en début de végétation. L’arrivée des orages a généré de fortes disparités au niveau régional. En moyenne les rendements sont inférieurs de 2 tonnes de MS à la normale.
Les conditions climatiques du printemps et notamment la période très chaude de fin juin-début juillet faisaient craindre le pire pour les moissons. Il n'en a rien été. Les récoltes, bien qu'inférieures à 2009 (année exceptionnelle), sont conformes à la moyenne des 5 dernières années, et de bonne qualité.

En 2009-2010, la France avait gelé l’augmentation de quota prévue par la PAC et les entreprises n’avaient pas distribué de rallonges de quota. Ce gel de quota, combiné à la mauvaise conjoncture, avait conduit à de très fortes sous réalisations.
Pour la campagne en cours, tous les producteurs bénéficient des 2 % d’augmentation de quota et les entreprises proposent des allocations provisoires allant de 1.5 à 5 %. Dans ces conditions et avec une conjoncture plus favorable, les livraisons sont nettement reparties à la hausse à partir du printemps 2010. Dans notre région, les livraisons de 2010 ont été de 2 % supérieures à celles de 2009 sans pour autant atteindre le potentiel de production permis par les quotas.
Le produit brut des exploitations laitières est de 5 à 10 % supérieur à 2009. Le produit de l’atelier lait est en hausse de près de 10 % sous l’effet combiné du supplément de livraison et surtout de la revalorisation du lait payé au producteur (+ 7 %). Malgré des rendements inférieurs à ceux de 2009, le produit des grandes cultures progresse de 20 à 30 %. Le co-produit viande de l’atelier laitier progresse plus modestement. L’année 2010 est aussi la première année d’application du bilan de santé de la PAC. Les aides évoluent de façon contrastée entre les polyculteurs qui voient leurs aides baisser et les éleveurs laitiers herbagers pour lesquels la réforme est neutre à légèrement positive.
Dans le même temps les charges opérationnelles se replient jusqu’à 12 % dans les élevages les plus intensifs. Ce retrait s’explique essentiellement par la baisse du prix des engrais (- 44 %) alors que les prix unitaires des concentrés ont peu bougé d’une année sur l’autre ; la hausse enregistrée sur le poste concentré correspond à l’augmentation des quantités utilisées.
Les charges de structure augmentent de seulement 2% malgré la forte hausse du coût de l’énergie (de l’ordre de 20 %).
Au final les EBE s’inscrivent à la hausse (20 à 40 %) ainsi que les revenus (30 à 80 %). L’augmentation est plus manifeste chez les polyculteurs qui avaient été plus affectés par la conjoncture 2009 que chez les éleveurs mixtes lait-viande qui avaient mieux résistés grâce à la viande. En valeur absolue on retrouve des revenus plus conformes à ce que nous avions connu par le passé même s’ils n’égalent pas ceux de 2007 et 2008. La hiérarchie des revenus est de nouveau plus favorable aux polyculteurs qu’aux éleveurs.
| Mixte lait-viande | Laitier spécialisé | Polyculture élevage | |||
Main d’œuvre | Un couple (1.5 UMO) | GAEC (2.0 UMO) | GAEC (3.0 UMO) | |||
Quota | 160 000 litres | 400 000 litres | 569 000 litres | |||
Cheptel laitier | 27 VL Prim’holstein | 57 VL Prim’holstein | 79 VL Prim’holstein | |||
Cheptel viande | 9 VA Li. et 17 bœufs |
| 37 taurillons | |||
SAU | 93 ha | 101 ha | 240 ha | |||
dont herbe | 73 ha | 58 ha | 75 ha | |||
dont maïs ensilage | 6 ha | 13 ha | 30 ha | |||
dont cultures de vente | 14 ha | 30 ha | 135 ha | |||
Mixte lait-viande
Laitier spécialisé
Polyculture élevage
2010 (€)
Evolution 10/ 09
2010 (€)
Evolution 10/ 09
2010 (€)
Evolution 10/ 09
Produit brut
119 100
7%
206 500
9%
461 000
9%
dont lait
51 600
9%
128 900
9%
183 400
9%
dont viande
28 600
3%
20 300
7%
56 000
3%
dont cultures
11 500
21%
28 300
23%
146 500
27%
dont aides
27 500
4%
29 100
0%
75 000
-10%
Charges opérationnelles
33 900
0%
60 800
-10%
140 600
-12%
dont concentrés
9 700
5%
24 200
5%
50 600
5%
Charges de structure *
39 300
2%
62 100
2%
125 900
2%
dont énergie**
7 700
18%
11 000
20%
26 000
20%
EBE
45 100
20%
83 600
39%
194 400
41%
Revenu disponible / UMO
21 100
32%
27 700
74%
43 600
76%
* Hors amortissements et frais financiers
** Carburant, eau, gaz et électricité
Depuis une dizaine d’années, la production mondiale de lait a du mal à satisfaire la demande en produits laitiers. Dans le même temps, le démantèlement progressif des outils de régulation de la politique agricole commune, expose plus directement les producteurs aux aléas du marché et limite de ce fait la visibilité à terme. Aujourd’hui, la bonne tenue des marchés devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’été. Au delà, ils dépendront du redémarrage de la production dans des pays qui ont connu de graves perturbations climatiques (Nouvelle Zélande et Russie notamment).
Dans le même temps les coûts de production devraient rester élevés en lien avec le prix des produits pétroliers et des engrais. Les cours élevés des céréales et des tourteaux devraient contribuer à maintenir des prix forts sur l’aliment du bétail au moins sur le premier semestre. Malgré l’embellie attendue du prix du lait, c’est aussi la bonne maîtrise des intrants qui continuera, comme par le passé, à garantir le bon revenu des éleveurs.
L’équipe des Réseaux d’Elevage Lait
Pour la Chambre d’Agriculture de Haute Marne : Daniel COUEFFE
Pour l’Institut de l’Elevage : Dominique CAILLAUD